L’histoire de mes systèmes de montage

Par Manuel A. Codina

Je me souviens d’une époque pas si lointaine où, pour posséder un système de montage, il fallait être une entreprise avec les reins solide et une infrastructure complexe et coûteuse. Au final, on produisait du contenu SD (définition standard) avec des effets simples. Ça « faisait la job ».

Les années ont passé, les ordinateurs ont progressé d’une manière exponentielle et les caméras sont devenues de plus en plus sensibles en nous offrant une résolution au-delà de la HD (haute définition). Je vous écrirai sur mes expériences avec ces différentes caméras dans des articles suivants.

Au fil des années, j’ai travaillé sur différents systèmes de montage, en voici un aperçu :

J’ai commencé sur Video Toaster pour faire du montage de cassette à cassette. C’était très limité, long et complexe. Nous étions en 1986.

Ensuite, j’ai eu la chance de faire mes films en 16mm (il y avait peu d’option alors) et donc de faire mes montages sur une Steenbeck. La technique utilisée consistait à couper la pellicule et coller littéralement les morceaux choisis ensemble. Cette manière de travailler trouve encore écho dans les systèmes de montage modernes où la terminologie des commandes évoque le travail sur pellicule : splice, roll, trim, etc.

Dans cette même période, j’ai décidé de monter un de mes films sur un système Avid. Ce fut une révélation! Les possibilités que cette technologie offrait étaient incroyables. Bien sur à l’époque (1998) nous étions encore limités et le système était coûteux. J’ai travaillé plusieurs années sur les systèmes Avid et, il faut bien le dire, c’était et sont encore aujourd’hui des systèmes robustes capable de gérer des projets très lourds comme des séries.

Avid sur Wikipedia

Mais voilà, ces machines étaient chères et je voulais m’équiper un studio de montage. Avid eu la bonne idée de sortir le Avid Xpress DV, un système économique qui prit avantage de la montée du format numérique DV. À cette époque nous avons acheté une Sony PD-150, véritable tank pour les tournages documentaires. Tous les tournages faits aux débuts de ma compagnie furent faits avec ce tandem.

Un jour, nous avons eu à travailler sur le making of de la série d’animation Tripping the Rift où nous avions des sources de différents formats et surtout de différente cadence (PAL-NTSC). Le système que nous utilisions était un Avid Media Composer et, à l’époque, mélanger des formats n’était absolument pas la norme. Que d’heures j’ai passé à essayer de transcoder, modifier, etc.

La révolution Final Cut arriva à ce moment là . J’avais acheté ce nouveau logiciel et j’ai essayé de mettre le matériel qui me causait problème dans un même timeline et là, magie, tout jouait mais surtout, tout jouait bien! Je suis sauté dans la vague Final Cut en même temps que j’ai migré vers le HD dès 2005. D’ailleurs, depuis cette date, je n’ai plus jamais tourné en SD.

Final Cut sur Wikipedia

Final Cut m’a bien servi pendant plusieurs années mais une chose allait tout changer : la venue des DSLR et leur codec difficile à travailler dans FCP. Il fallait transcoder le matériel pour pouvoir le monter. Cette opération me frustrait et me coûta même le circuit maître de mon portable!

Premiere sur Wikipedia

C’est alors que Adobe est arrivé avec la nouvelle version de son système Premiere. C’était une nouvelle révolution : un système capable de monter tout les formats de l’heure nativement, sans transcodage sur Mac et PC. De système moyen, ils avaient mis la table pour prendre une grande part du marché : montage en format natif, gestion des couleurs impeccable, interface de titres rappelant Photoshop, intégration avec After Effect et tous les logiciels Adobe sans rendus, la qualité de ses encodage pour le web… J’ai migré vers Adobe.

Et voici la description de mon système actuel :

  • Mac Pro 2x 2.8GHz Quad Core Xeon avec 10 GB de RAM et OS 10.7.4
  • Adobe CS6 Production Premium
  • Final Cut Studio 7 est également en place
  • DaVinci Resolve Lite, une révélation en étalonnage couleur !
  • La carte vidéo DeckLink Extreme 3D de BlackMagic Design
  • ATEM switcher vidéo HD
  • MacBook Pro 17po 2.5GHz Intel Core 2 Duo
  • Des haut parleurs M-Audio BX5a.

Il est important de se rappeler qu’un système de montagne reste un outil et que la meilleure machine ne fait pas le meilleur monteur. J’ai changé de système au fil des ans pour mieux répondre à mes besoins du moment mais ne me cantonne pas sous une marque à tout prix. C’est également vrai pour les caméras mais ça, c’est une autre histoire!

Dans un prochain article, je vous décrierai mon fonctionnement en post production, de l’importation des médias à l’archivage final du projet et des masters.

Au plaisir.

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